Lundi, c'est loin : quand une baleine s'échoue dans la Tamise...
Maggie, trente ans, attend un enfant de son compagnon Ed. Cette grossesse, pourtant désirée, la confronte à une peur sourde : celle de perdre sa liberté, de s’enfermer dans une vie trop étroite pour ses aspirations. Ed, lui, avance avec une forme de bonne volonté maladroite, cherchant à rassurer sans toujours comprendre ce qui se joue. Leur couple devient le théâtre d’un questionnement intime sur l’engagement, la maturité et la possibilité de se réinventer.
Phil, ami proche de Maggie, traverse lui aussi une zone de turbulence. Son travail l’ennuie, l’use, et il ne vit plus que pour les week-ends, ces parenthèses où l’ivresse et la fête lui permettent d’oublier l’impression d’être passé à côté de sa propre vie. Sous son humour et son énergie, affleure une fragilité profonde : celle d’un homme qui ne sait plus très bien comment se projeter. Sa mère, Rosaleen, lutte contre la maladie et peine à trouver les mots pour lui en parler. Leur relation, faite de pudeur et de non-dits, révèle la difficulté de dire la vérité à ceux qu’on aime.
Le roman suit ainsi, avec une grande finesse, des personnages attachants confrontés à leurs contradictions, à leurs peurs et à leurs désirs. Lundi, c’est loin capture l’essence d’une époque où l’avenir paraît à la fois menaçant et plein de possibles, et où chacun tente, tant bien que mal, de trouver un chemin vers une forme de vérité personnelle. C’est un récit sur la vulnérabilité, la responsabilité, et la manière dont un événement extérieur peut soudain éclairer ce que l’on refusait de voir.


Commentaires